lundi 7 avril 2014

Kalpa Imperial


Kalpa Imperial fait partie de ces rares livres que je relis régulièrement à quelques années d'écart. A chacune de mes relectures je suis toujours surpris de réaliser à quel point j'apprécie ce livre d'une auteure pourtant inconnus dans le monde francophones et dont seulement deux ouvrages ont été traduits en langues anglaise (celui-ci par Ursula K Leguin et Trafalgar) avec plus de 20 ans de délais.

Pour en revenir à Kalpa Imperial, il s'agit de onze récits, fortement inscrit dans un style proche de l'oralité, qui raconte des événements de la longue et vaste histoire de "l'empire le plus vaste qui n'ait jamais existé."
.
Je suis toujours un peu emprunté quand il s'agit de parler des nouvelles de ce recueil. En effet, bien que ne formant pas une histoire cohérentes et pouvant se lire de manière individuelle, elles ont néanmoins une unité et font apparaître en les lisant ensemble, une unité dans la manière dont elles sont narrées et des thématiques abordées : oralité, le pouvoir (la manière d'y arriver, de s'y maintenir, de l'exacerber ou de le et de s'y perdre), une réflexion sur l'histoire et l'Histoire, sur l'importance des petits actes.

Si tous les textes du recueil sont de bonnes factures j'ai quand même une inclinaison particulière pour :

"Acerca de ciudades que crecen descontroladamente" qui raconte l'histoire d'une ville de sa fondation à la période durant laquelle son histoire est contée. Avec la prise et la perte (et la re-prise et la de-perte) d'importance de la cité durant le temps de son histoire.

"Y las calles vacías", une autre histoire de ville mais nouvelle cette fois ci, dont la construction fut ordonnée sur un coup de tête par un Empereur et qui resta vide suite aux sanglantes manigances du suivant...

"Así es el sur" un récit sur une des nombreuses révoltes du sud de l'Empire, une région jamais totalement pacifiée et aux mœurs bien différentes du Nord. Une nouvelle sur la différence, la peur de l'autre et une manière de vie différente (celle du Sud ;) )

"El estanque" une nouvelle sur un médecin observateurs, la fin d''un Empereur et une jeune femme séditieuse. C'est une nouvelle où il ne se passe pas forcément beaucoup à de choses, mais qui dégage une puissance et un calme qui me marque à chaque fois.

J'aurais en fait, je m'en rend compte l'envie de citer chaque nouvelle individuellement, au final je vais me contenter de vous conseiller la lecture de ce recueil. En espagnol, sa langue d'écriture, si vous le pouvez ou en anglais, si vous le pouvez, autrement. Ami éditeur si tu traduit (bien) ce recueil je te promet de l'offrir à plein de monde.

Lu dans le cadre du challenge SFFF au féminin

http://ledragongalactique.blogspot.ch/2014/03/challenge-sfff-au-feminin.html?showComment=1394271167545#c7928591275848414423

lundi 31 mars 2014

The Gospel of Loki

The Gospel of Loki est une ré-écriture de l'histoire des dieux norses (Odin, Thor, etc.) du point de vue, et raconter par, le dieu Loki.

Présenté en plusieurs livres, avec avant chaque chapitre une leçon / maxime que Loki a appris durant l'épisode raconté, The Gospel of Loki reprend, de ce que j'en connais en les modifiant très peu voir pas du tous, les différents éléments de l'histoire d’Asgard et des dieux qui y vivent. Loki raconte dont la création du monde, la montée en puissance d'Odin, la manière dont celui-ci l'a fait venir dans le monde, la guerre entre les Ases et les Vanes, l'époque plus calmes des "aventures et voyages" des dieux, puis l'arrivée du Ragnarök et Ragnarök lui même. The Gospel of Loki se veut la présentation de l'histoire du point de vue de Loki qui justifie ses différentes actions, souvent négatives, contre les Dieux.

Le roman est bien écrit et très divertissant à lire. La version audio ajoute sans doute beaucoup à l'expérience de lecture tant le roman, écrit à la première personne, se prête bien à la lecture à haute voix; le narrateur est de plus excellent. Bien que The Gospel of Loki ne ré-écrive pas fondamentalement le mythe, il reste une lecture très agréable qui m'a beaucoup plus.

Lu dans le cadre du challenge SFFF au féminin

http://ledragongalactique.blogspot.ch/2014/03/challenge-sfff-au-feminin.html?showComment=1394271167545#c7928591275848414423

mardi 25 mars 2014

La brûlure de la nuit

La brûlure de la nuit, premier tome de la série Sainte Marie des Ombres, est un roman de Bit-lit francophone de Sophie Dabat.

Il se déroule dans les années 2060 alors que cela fait une vingtaine d’années que sont apparus les Dévorantes, des créatures dont l'humanité ne sait presque rien, qui surgissent, la nuit et en pleine aire, des ombres et dévorent littéralement les êtres qui ont le malheurs d'être à leur portée. Seul la lumière les faits fuir, même une petite quantité. L'humanité s'est adapté à cette menace et la vie continue. La série est centrée sur la tatoueuse Lily. Cette dernière est en fait celle que la presse à surnommée Sainte Marie des Ombres. Marie, son vraie nom, est la première victime connue des ombres et la seule qui ait survécu (la morsure des ombres est empoisonnée et même une petite morsure peut, sur la durée, tué). Après avoir passé une partie de son enfance comme sujet de laboratoire, elle a pu s’enfuir, en perdant ses parents, et vit maintenant sous une autre identité.

Elle a su refaire sa vie avec Anne, sa mentor qui connait son passé, une tatoueuse qui a perdu sa fille, probablement dévorée par les Dévorantes, il y a quelques années en arrière. Toujours accompagnée de son chien, Lily vit une histoire d'amour avec Thomas, un vétérinaire à qui elle n'a pas dit la vérité et avec qui elle garde une certaine distance. Survivante, Marie a également un caractère bien trempé.

Dans La brûlure de la nuit, la vie de Marie/Lily est mis à mal lorsqu'une série de meurtres sanglant, impliquant de laisser aux Dévorantes les victimes, a lieu dans son quartier. Son identité d'emprunt menacée, ses amis en danger, Marie/Lily décide de faire la lumière sur ces crimes.

La brûlure de la nuit est un roman classique de Bit-Lit : une héroïne au passé trouble, à part (ici son immunité aux morsures des Dévorantes), à la vie amoureuse compliquée, un roman qui fait la part belle à l'action avec quelques scènes de sexe (description légère par rapport à d'autres romans du genre et ne prenant pas le pas, trop, le pas sur l'intrigue principale). Le roman se lit vite et plaira sans aucuns doutes aux amateurs/trices du genre. C'est un premier tome donc les mystères entourant l'immunité de Marie ne sont absolument pas éclairés (ce qui est très frustrant). Ceux que la Bit-Lit n'interesse pas ou qui ne l'apprécie pas peuvent passer leur chemin. Une dernière chose, si la couverture est inspirante, elle est trompeuse et, après avoir lu le roman, je ne vois pas son rapport à celui-ci (la voyant je m'attendant à lire un roman qui ferait appel au Vaudou, à la Nouvelle-Orléans ou aux traditions mortuaires mexicaines, ce qui n'est absolument pas le cas).

Lu dans le cadre du challenge SFFF au féminin

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vendredi 21 mars 2014

Hild

Premier tome d'une futur trilogie, Hild décrit la première partie de la vie de sainte Hilda de Whitby qui a vécu au septième siècle et a été la témoin, et une des actrices, de la christianisation de l'Angleterre. Peu de choses sont connues de sa vie et Nicola Griffith a effectué un travail de reconstruction basé sur les connaissances que l'on a de l'époque.

Née d'une lignée royale, son père est empoisonné alors qu'elle est encore une enfant. Sa mère trace pour Hild une destinée hors du commun en tirant profit de ses grandes capacités d'observation et de déduction. Suite à un rêve "prophétique", Hild est la "lumière du monde", elle devient la prophétesse ("seer") du roi anglais Edwin de Northumbria, son oncle.

Roman complet et complexe, Hild montre la manière dont l'Angleterre se christianise : les tensions entre traditions irlandaises et romaines, la conversion des élites, les changements dans le rôle des femmes. Le roman a un narrateur externe qui focalise son point du vue sur Hild, sur les épreuves qu'elle traverse, les conflits avec l’évêque envoyé depuis Rome, etc.

Le roman utilise une langue soutenue qui m'a demandé une ou deux heures d'écoutes du livre audio pour être vraiment à l'aise. La lectrice de ce dernier est d'ailleurs très agréable. En bref, Hild est un roman de très bonne qualité que je ne peux que conseiller.


Lu dans le cadre du challenge SFFF au féminin

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mardi 18 mars 2014

Liavek

Liavek est le nom d'une cité de Fantasy (technologie dix-huitièmes siècle) créée dans les années 80 et qui est partagée par plusieurs auteurs. La cité a eu le droit à plusieurs anthologies. Il s'agit d'une cité-état et d'un port marchand avec quelques particularités propres à cet univers partagés. Les deux plus importantes de ces particularités sont l'égalité de fait entre hommes et femmes et le système de magie basée sur la chance que chacun "reçoit" le jours et l'heure de sa naissance. Cette chance peut-être placée dans un objet (devenant ainsi vulnérable et pouvant être détruite) afin d'être utilisable tous le temps pour faire de la magie.

Les nouvelles réunies de le recueil Liavek sont le fruit de la collaboration entre Steven Brust, Gregory Frost et Megan Lindholm (plus connus sous son pseudo de Robin Hobe). Parues initialement dans différents recueils et réunies pour la première fois dans leurs traductions françaises, elles forment un roman à facettes de Fantasy "classique", urbaine et intéressante.

Le lecteur suit ainsi la destinée du Comte Dashi, ancien magicien dont l'objet de chance a été détruit et âme damnée de ce qui serait l'équivalent à Liavek du Cardinal de Richelieu. Cette assassin et homme de main craint par toute la ville effectue les basses œuvres d'une des figures imminentes de la ville. Les nouvelles mettent également en scène Kaloo, une jeune orpheline élevée par une aubergiste au grand cœur et le marin qui l'a trouvée. Kaloo, dans les premières nouvelles, ne sait pas quel jours elle est née et donc le jour où elle peut faire appel à sa chance. Les destins de ses deux personnages vont entremêlement alors que Kaloo fait son adolescence et découvre qui elle est, d'où elle vient et ce qu'elle peut faire.

Liavek est un roman à facettes de très bonnes factures qui m'a beaucoup plus.

Lu dans le cadre du challenge SFFF au féminin

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lundi 17 mars 2014

Fiction 18

Dernier numéro parus de la revue Fiction, le numéro de printemps, le dix-huitième, annonce une mue du magasine. Celui-ci n'est plus uniquement sous le "patronage" des Moutons Électriques, mais également des éditions Menmos et Actu-SF. Les trois éditeurs, regroupés dans le collectif des Indés de l'Imaginaire, ont décidé de grouper leurs forces sur Fiction également. Le numéro passe donc en mode couleur, avec une belle maquette et est divisé en quatre parties.

Une première partie qui propose des interviews croisés. Ce numéro propose deux interviews croisés : Spinrad / Ayerdhal et Niogret / Jaworski. Les deux interviews sont très intéressantes.

Une seconde partie est composée d'article de fond et d'analyse.

"Des nouvelles du futur" de Nicolas Nova est une réflexion sur la reconnaissance faciale par les machines, les conséquences pour tout un chacun et sur ce qui se passe lorsque la machine n'arrive à reconnaitre un visage.

"De l'autre côté du miroir" de Catherine Dufour et Patrick Imbert est une sorte de nouvelle / réflexion sur le corps et ses changements au travers de textes et de photos. Personnellement j'ai trouvé cela vulgaire et de peu d’intérêt.

"Les mains dans le cambouis, la tête dans les étoiles" de Alex Nikolavitch est une discussion de la figure du mutant dans la littérature de science-fiction.

"Passerelles" de Julie Proust Tanguy présente plusieurs œuvres qui sont des labyrinthes littéraires. L'article est intéressant et m'a donnée envie de jeter un coup d’œil à certain des textes qui sont cités.

La troisième partie est un extrait du recueil de nouvelles Liavek. Je n'ai jamais été un grand fan des bonnes feuilles, et quand en plus elles sont tirées d'un ouvrage publié par un des éditeur du collectif "derrière" Fiction cela me donne le sentiment d'une publicité déguisée (même si Liavek est un très bon recueil de nouvelles).

La dernière partie est un ensemble de nouvelles francophones et traduites de l'anglais.

"Les Djinns funèbres" de Timothée Rey est un nouvelle qui suit un agent d'une puissante entreprise sur une planète où des entités appelées djinns peuvent prendre possession de humains, mais aussi des IA. Une nouvelle utilisant pas mal de jargon mais qui se laisse lire avec plaisir et qui, comme souvent avec Rey, m'a beaucoup plus.

"Trajectoire" de Ken Liu est une nouvelle sur les possiblités de l'imortalité et sur la préservation des corps par plastination. Une excelente nouvelle sur un thème qu j'apprécie beaucop.

"Quatre cents millions d’années de réflexion" de Steven Utley est une nouvelle sur les voyages dans le temps et la solitude de l'être humains dans un milieux qui n'est pas le sien. Une nouvelle bien écrite, au ton amère qui ne m'a pas totalement convaincu dans son ensemble.

"Gipsy Nuke" de Estelle Faye est une histoire post-apocalyptique se déroulant dans la région de Tchernobyle qui voit un gitan rongé par les radiations rencontré une femme génétiquement améliorée, qui ne ressent rien, et qui dirige une puissante mafia. Une des bonnes nouvelles du recueil.

"La rive d’en face" de Elizabeth Hand est une nouvelle fantastique sur un ancien danseur qui part se mettre "au vert" dans une camp de vacance fermé durant l'hiver. Étrangement, c'est la seule nouvelle du recueil qui ne vient pas avec une brève présentation; elle ne m'a pas plus et je l'ai même abandonnée avant sa conclusion.

"Pique-nique à Pentecôte" de Rand B. Lee décrit comment la seule survivante d'un vaisseau d'exploration se trouve modifiée, dans sa chaire et son âme, par des forces extraterrestres qui cherchent de nouvelles sensations. Une nouvelle bien écrit mais étrange.

" L’éternité dure longtemps" de Sonia Quémener est une nouvelle de fantôme et de vie après la mort. Que se passe-t-il lorsqu'une physicienne meurt et rejoint la communauté des fantômes ? Une nouvelle amusante à lire.

"DynaCostume™" de M. K. Hobson est une autre des excellentes nouvelles de ce numéro. Un ambitieu employé d'une grande multinationale est conseillée par son IA personnelle afin de saboter une présenation de son collègue afin de pouvoir monter dans les échelons. Mais que se passe-t-il quand une IA sait mieux que vous ce que vous voulez vraiment et ce qui est bon pour vous ?

" Esprits tordus" de Albert E. Cowdrey est une nouvelle d’espionnage dans notre monde, et à notre époque, mais avec le twist de la réalité des pouvoirs para-psychique. Où que se passe-t-il lorsqu'un télépathe russe est protégé pas le FBI au États-Unis et qu'un maitre assassin est lancé à ses trousses ? Une autre très bonne nouvelle.

"Les véritables chroniques martiennes" de John Sladek est sans doute une nouvelle intéressante pour qui a lu Les Chroniques martiennes, comme cela n'est pas mon cas, je n'y ai vu qu'une nouvelle sur la difficulté des relations de voisinages....

Au final, ce Fiction nouvelle formule est un très bon mook pour ceux aiment les littératures de l'imaginaire. J'attends avec curiosité et intérêt le numéro suivant.

dimanche 16 mars 2014

Rémiges de cendre / Tancho

Nouvelle écrite par un ami, Tancho est une histoire de science-fiction intimiste et poétique.
Atarashi Hiroshima est une planète qui à subit, il y a de cela quelques siècles, le feu nucléaire sur sa totalité lors d'un conflit galactique. Aujourd'hui impropre à la vie, elle est visitée par une prospectrice indépendante qui doit estimer l’intérêt de l'établissement d'une exploitation minière sur la planète. Lors de son évaluation, elle tombe sur une colonie de grues; chose improbable et normalement impossible sur une planète hautement radioactive.

La nouvelle d'une quarantaine de pages (écrit gros) met en avant la beauté dans les petites choses de la nature et la présence de l’incompréhensible dans nos vie.

Il est possible de l'acheter en version numérique dès le 20 mars  dans la collection e-courts de chez voyel sur toutes le bonnes librairies on-line.