vendredi 27 février 2015

Trigger Warning

Dernier recueil de nouvelles parues de Neil Gaiman, Trigger Warning réunit, avec un inédit, les productions de l’auteur depuis la sortie de l’anthologie précédente. Les vingt-quatre nouvelles sont toutes de bonne facture.

L’introduction, comment souvent chez Gaiman, est très intéressante et éclaire sur les intentions ayant menés à l’écriture de chaque nouvelle. Formant un ensemble assez disparate, si ce n’est la propension de Gaiment à proposer des textes qui ne sont jamais ni tout à faire blanc, ni tout à fait noire, le lecteur trouvera dans ce recueil de la poésie, du fantastique (en quantité), des contes, un peu de Fantasy, de texte très courts, d’autre un poil plus longs.

Je me contenterai de mettre en avant un texte de Fantasy sur une vengeance (« The Turh is a cave in the Black Mountains… », une réécriture troublante de la Belle au bois dormant (« The Sleeper and the Spindle »), une histoire d’horreur courte mais très efficaces (« Click-Clack the Rattlebag »), une aventure de Sherlok Holmes (« The case of death and honey ») et une nouvelle inédit sur Shadow, le héro de American Gods (« Black Dogs »).

Bref au final une très bonne anthologie de la part d’un écrivain qu’on ne présente plus.

lundi 23 février 2015

Hypérion et La Chute d’Hypérion

 Hypérion et La Chute d’Hypérion (les deux tome se suivent exactement) est une œuvre majeure de la science-fiction qui avaient, jusqu’à maintenant échappé, à ma lecture. Voici la chose réparée et je dois dire que la réputation des romans n’est pas exagérée.

Se déroulant plusieurs siècles dans notre futur, alors que l’humanité, suite à la destruction de la Terre, à coloniser de nombreuses planètes dans d’autres systèmes. En utilisant des technologies, inventées par les hommes, combinant animation suspendue et vitesse supra-luminique l’humanité peut continuer très lentement son expansion. Mais les IA qui forment collectivement le « technocore » ont mis au point une technologie qui permet de créer des portes entre deux points distants dans l’univers. Les différents mondes reliés entre eux par cette méthode forme l’Hégémonie.

La planète Hypérion est une colonie humaine périphérique qui n’est pas membre de l’Hégémonie (c’est-à-dire qu’on ne peut l’attendre que par vaisseau). Ce monde à la particularité d’abrité les « tombes du temps », un ensemble de constructions construites dans le futur et qui voyage « à rebours dans le temps ». Le lieu est considéré comme sacré par une Eglise qui vénère une entité vengeresse qui résiderait dans les tombes : The Shrike. Les tombes sont également un lieu de pèlerinage important.

Quand débute Hypérion, les tombes sont sur le point de s’ouvrir et un dernier pèlerinage est organisé par l’Hégémonie. Il est composé de sept pèlerins qui, en suivant une structure de récit identique aux Contes de Canterbury, vont chacun leur tour raconter leur histoire. Mises bout à bout, elles permettent au lecteur de comprendre les enjeux du pèlerinage. Elles sont également chacune une variation sur les grands thèmes de la Science-Fiction.

Hypérion se termine avec l’arrivée des pèlerins aux tombes, ce qui se passe ensuite est narrée, de manière plus traditionnelle et chronologique, dans La Chute d’Hypérion. Les points de vu oscille entre celle des pèlerins et de ce qui se passe au cœur de l’Hégémonie qui doit faire fasse à une invasion sans précédent de la part de la partie de l’humanité qui a choisi de vivre en nomade de l’Espace.

Hypérion et La Chute d’Hypérion forme une histoire passionnante (bien que le premier tome, de mon point de vu, est sans doute le plus original et mieux maitrisé des deux) qui touchent à de nombreuses thématique de la Science-Fiction : les IA, l’exode de l’humanité dans l’Espace, la religion et le divin, le voyage dans le temps… C’est une lecture qui se range, à mon avis, parmi les classiques du genre.

dimanche 1 février 2015

Trois Oboles pour Charon

Trois Oboles pour Charon est une réécriture du mythe de Sisyphe : pour avoir voulu transcender sa condition d’homme, il est condamné à ne jamais pouvoir payer l’obole demander par Charon pour le conduire dans le monde des morts et à revenir éternellement à la vie, sans souvenirs, et dans des situations où l’humanité est la plus vivante : la guerre.

Le lecteur suit donc des épisodes de la vie de Sisyphe qui revient à la vie, le corps bardé de cicatrices, sur des champs de batailles. Les chapitres oscillent entre une de ces résurrections et son passage par le monde des morts et sa relation complexe à Charon, à la fois geôlier et condamné.

Le roman amène le lecteur de la Rome antique à notre future au travers de batailles violentes et meurtrières. Le roman est agréable à lire et propose une relecture intéressante du mythe. Seul bémol, mais cela est inhérent à l’histoire, c’est le côté parfois un peu répétitif des chapitres.
 
Rentre dans le cadre du challenge Winter Mythic
 
http://rsfblog.fr/2014/12/13/winter-mythic-fiction-saison-2/

dimanche 25 janvier 2015

Skin Deep

Deuxième novella mettant en scène Stephen Leed, un génie qui peut apprendre n'importe quoi en très peu de temps, sauf qu'il "externalise" se savoir en créant des aspects de lui même qui sont autant d’hallucinations qu'il est le seul à percevoir et qu'il ne contrôle pas vraiment.

Dans Skin Deep, Stephen Leed se lance dans une enquête pour retrouver le corps d'un scientifique, décédé accidentellement dans un accident de ski, qui travaillait sur l'utilisation des cellules humaines comme dispositif de stockage de donnée. C'est d'ailleurs les données qu'il a pu enregistré en lui même qui intéresse le commanditaire de l'enquête.

Novella très agréable à lire, Skin Deep ajoute par petites touches des éléments à la condition de Stephen Leed et me laisse avec une très forte envie d'en lire/apprendre d'avantage.

jeudi 22 janvier 2015

The Bone Clocks

Conseillé par Gromovar, la lecture de The Bone Clocks m'a laissé un sentiment mitigé.

Côté pile, il y a un roman dense, très bien écrit et qui m'a tenu en haleine de la première à la dernière page. Le lecteur y découvre, en toile de fond, une guerre entre deux sociétés secrètes d'immortels possédant des pouvoirs psychiques qui s'affrontent. Cette guerre n'apparait que de manière détournée dans le roman et il faut atteindre assez longtemps après le début de la lecture pour en avoir les tenants et aboutissant.

Ce que le roman raconte également c'est la vie de Holly Sykes, personnage qui est à un rôle, à son insu, très important dans la guerre, mais qui est également présent durant tous le roman. C'est aussi, à l'image de Cloud Atlas du même auteur, un roman qui présente, au fil de ses six parties, la vie de plusieurs personnages durant la fin du XXe siècle et le début du XXIe : Une jeune Holly Sykes qui fugue en 1984, un mois de vie d'Hugo Lambs riche étudiant britannique et sociopathe en 1992, le récit de d'un journaliste de guerre, maris de Holly, tous juste revenu d'Irak en 2004, plusieurs années de vie du romancier Crispin Hershey entre 2015 et 2020, la lutte entre les deux sociétés secrètes vu par un de ses membres en 2025, puis finalement quelques jours dans la vie d'Holly Sykes dans un monde quasi post-apocalyptique en 2043. Chaque fragment de vie ainsi donné au lecteur est très intéressant à lire et éclaire à la fois le conflit fantastique et la vie de Holly Sykes.

Côté face, The Bone Clocks est un roman, je trouve, qui semble hésiter entre plusieurs intrigues sans jamais vraiment se décider : une intrigue fantastique, la présentation d'instantané de vie de plusieurs personnages, le récit de la vie de Holly Sykes. C'est un choix qui n'est pas dénué d’intérêt, mais je trouve qu'il donne au roman l'impression désagréable d'être "le cul entre deux chaises".

Finalement, il y a la fin du roman qui présente un monde sur le déclin où les errements de l’humanité ont conduit à l'effondrement de sa Civilisation. Même si cette fin n'est pas dénué d’intérêt, je dois dire que je la trouve inutilement pessimiste.

Au final donc, un roman intéressant qui m'aura marqué mais dont la construction ne m'a pas entièrement convaincue.

mardi 20 janvier 2015

Sovok

Second roman de Cédric Ferrand, Sovok est une sorte de cyberpunk soviétique. Le roman se déroule à Moscou dans un futur non identifié et uchronique (entre système libérale, technologie cyberpunk de seconde zone, contestations, nostalgie du système communiste et services et biens qui vieillissent (mal)).
L'histoire est centrée sur trois employés de la compagnie d'ambulances volantes (oui, oui comme dans Le cinquième élément ou l'éclaire noir), modèle Jigouli d'occasion "quasiment" neuf, Blijni : un pilote expérimenté également représentant du personnel, une urgentiste cynique ancienne médecin et un juif, ancien soldat, originaire d'une province lointaine et "exotique" nouvellement employé/stagiaire.
Le roman se déroule sur une période d'une semaine cruciale pour Blijni, la Russie et le destin de ces trois anti-héros, citoyens à la vie compliquée qui naviguent entre boulot, vie privée et petits arrangements pour pouvoir finir le mois. Faisant le tour de nuits, l'équipage de la Jigouli ont fort à faire pour soigner les petits et grands bobos d'une population de la débrouille, alors que les hôpitaux manquent de tous, que les tracasseries administratives sont nombreuses et que la concurrence de la compagnie européenne Last Chance (et ses véhicules flambants neufs et sur-équipés) menace Blijni de faillite.
Ferrand montre visiblement un attachement, comme dans Wastburg, pour l'homme de la rue, pour la vision de la Grande histoire par la petite porte. Il balade ainsi, dans Sovok, ses personnages de galère en galère construisant le portrait d'une Moscou sur le point de sombré sous le poids du libéralisme, de l'administration et des magouilles des politiciens.
Le roman est agréable à lire et le lecteur s'attache aux trois pauvres urgentistes qui dégustent sévèrent. Arrivé à la fin du roman, je n'aurais qu'un souhait : une nouvelle présentant le quotidien des urgentistes européens de Last Chance !

L'avis de Gromovar

lundi 19 janvier 2015

L'Héritier

Second tome de la série du Haut-Royaume (après Le Chevalier), L'Héritier débute peu de temps après la fin du premier tome. Lorn, le haut-chevalier du royaume, est mort et la garde d'onyx qu'il a ressuscité change profondément sous le commandement d'un des princes du royaume.

Sur fond d'une guerre avec une puissante cité franche, le Haut-Royaume s'approche de l’abime alors que tous le monde attend la nouvelle de la mort du Roi. Dans ce contexte la nouvelle que  la légendaire épée du haut-roi a été retrouvée pourrait donner un avantage certain au futur prétendant au trône...

Pierre Pevel donne, avec ce second, tome un sympathique roman de Fantasy qui voit un Royaume se précipiter vers la guerre civil. Des personnages, et notamment le "héros" de l'histoire, en teinte de gris et une bonne qualité d'écriture ne masquent malheureusement pas une intrigue un peu tortueuse et aux nombres de rebondissements un peu trop élevé à mon goût. Je lirais néanmoins avec curiosité le troisième, et dernier, tome à sa sortie.