lundi 27 avril 2015

L’ambassade des anges

L’ambassade des anges un court roman (un peu moins de 200 pages) à l’ambiance onirique et, relativement, intimiste.

Dans un continent peu défini (l’on sait juste qu’il y a plusieurs pays dont les gouvernements se sont faits la guerre de nombreuses fois), d’un niveau technologique proche du XIXe siècle, Le Sanctuaire et une cité diplomatique, construite de toutes pièces, sur un plan géométrique, au milieux d’une grande forêt et dont la seul route qui y mène est longue de cent kilomètres.

C’est dans cette ville que deux cartographes sont appelés par leur ambassade. Leur fonction n’est pas seulement prestigieuse, elle est aussi indispensable à la diplomatie et au maintient de la paix ; c’est en effet en se basant sur leurs précieux atlas que les disputes frontalières sont réglées.

Les deux cartographes arrivent chacun avec un jour d’écart dans la cité. Le premier est victime d’une surdité soudaine et aire dans la ville dans un état proche du rêve, alors que l’autre, plus joyeux et sociable, se rend directement à son ambassade.

Les deux cartographes partagent un passé commun et se jalouse l’un l’autre. Les deux hommes seront néanmoins confrontés aux même interrogations : pourquoi la cité se vide-t-elle de ses habitants ? D’où vient cette odeurs de poudre et ses bruits de tonner qui envahissent les nuits de la cité ? Quelles sont les vrais raisons de leur convocation par l’ambassade ?

Si le début du roman laisse une saveur étrange où le lecteur a du mal à percevoir les intentions de l’auteur, la fin ne laisse planer aucun doute sur les enjeux du récit. Un excellent roman à la fois pour son atmosphère onirique et pour sa réflexion sur les liens entre la Carte, le territoire, la guerre et la paix.

samedi 25 avril 2015

Or et Nuit

Mathieu Rivero plonge le lecteur, avec Or et Nuit, dans le monde des Milles et une nuit. Shéhérazade a quitté le palais de son mari en y laissant ses deux enfants afin de parcourir le monde et vivre ses propres histoires. Alors qu’elle se dirige vers les terres des Djinns, Shéhérazade est capturée par un brigand et garée prisonnière dans une grotte.

Faisant honore à sa réputation, la reine raconte une histoire au brigand : l’histoire du Sultan-Dragon. Le petit fils d’un Sultan ayant, d’après sa propre légende, bu le sang d’un dragon. Shéhérazade raconte la vie de ce jeune homme vivant caché dans son propre palais, ne connaissant pas l’étendu de ses pouvoirs et formant une alliance avec la cité de Babylone.

Le jeune homme évoluera jusqu’à devenir le Sultan-Dragon des légendes. En chemin il connaitra l’amours, l’amitié et la guerre. Evidement les histoires de Shéhérazade et du Brigand rejoignent au final celle du Sultan pour une fin un peu rapide.

Au final Or et Nuit est une fantasy oriental, peuplé de Sultan, de ghuls et de djinns. Si l’histoire racontée par Rivero est plaisante, j’ai eu le sentiment tous le long de ma lecture qu’il manquait quelque chose à ce roman. Après réflexion, j’ai le sentiment que c’est une qualité d’écriture qu’il manque. Si il est agréable à lire, il manque une vraie pate littéraire au roman à même de sublimer l’histoire ; un jeu sur l’oralité par exemple au travers de la manière dont Shéhérazade narre et tisse son histoire.

En l’état Or et Nuit est un divertissement agréable sans plus.

lundi 20 avril 2015

La Maison des derviches

Après un roman se déroulant au Brésil et traitant d’univers parallèles, un autre en Indes traitant d’IA, Ian McDonald propose, avec La Maison des derviches, un roman sur les nanotechnologies se déroulant à Istanbul.

Gagnant de plusieurs prix (dont celui du Planete-SF), La Maison des derviches est un roman bien écrit et agréable à lire. Il suit plusieurs personnage dans une Istanbul quelques années dans notre futur. Tous les personnages vivent, travaillent ou on un lien avec une ancienne maison de derviches transformées en groupement d’appartements.

Les différents personnages qui sont les points focaux des différents chapitre (un trader, un jeune garçon, un vieil informaticien, une vendeuse d’arts, une jeune diplômée en marketing, un jeune homme fuyant son passé) se croient dans divers intrigues qui, une fois le roman terminée, ont toutes un lien (plus ou moins grands) avec une menace terroriste. Le roman s’ouvre d’ailleurs par l’explosion d’une bombe dans un tramway de la ville.

La Maison des derviches est objectivement un roman bien écrit et agréable à lire ; malheureusement je trouve que les différentes intrigues des personnages principaux ne s’accordent entre elles que de manière très lâche. La menace représentée par les nanotechnologies, bien que présente, n’est elle aussi traitée que de manière très légère. Un roman bien écrit et maitrisé au final, mais qui manque d’une intrigue forte pour le porter.

jeudi 16 avril 2015

L'apprenti assassin

Premier tome de la célèbre série l’assassin royal de Robin Hobb, l'apprenti assassin est une fantasy très classique agréable à lire.

Dans un monde de Fantasy peuplé d’humains, Fitz est le bâtard d’un prince de sang royal. Non reconnu par son père, le prince héritier qui s’est retiré depuis l’apparition de son fils, Fitz est élevé à la cours par le palefrenier royal. Secrètement il est aussi préparé à devenir l’assassin du Roi. Maitrisant une magie mal aimée, le Vif, qui lui permet de communiquer/communier avec les animaux, Fitz manifeste aussi des dons pour la magie.

Dans ce premier tome, le lecteur suit son enfance et son apprentissage. Apprentissage ponctué de courtes missions, des « vikings » menacent les côtes du royaume et réserve un sort pire que la mort aux villages qu’ils attaquent, Fitz prend peu à peu la mesure des ses compétences mais également le danger qu’il représente pour certains membres de la cours qui sont près à la faire disparaitre.

Agréable à lire, c’est un ouvrage qui m’aurait probablement fortement marqué si je l’avais lu durant mon adolescence (ma grande période « Fantasy classique »), aujourd’hui j’en garderai le souvenir d’une lecture plaisante. Je lirai peut-être la suite un jour, mais son côté beaucoup trop classique et la perspective d’un cycle composé de beaucoup trop de volumes tempère un peu mon envie d’en savoir plus.

jeudi 2 avril 2015

L'instinct du Troll

Derrière une magnifique couverture de Gilles Francescano, L'instinct du Troll de Jean-Claude Dunyach promet quatre histoire humoristique autour d'un troll.
 
Force m'est de constater que même si Jean-Claude Dunyach écrit bien, je ne dois pas être le bon publique pour ce recueil. J'ai trouvé, en effet, les quatre histoires qui le composent navrantes; un humour potache de mauvais goût et de multiples petits éléments qui m'ont fait sortir plus d'une fois de l'histoire.
 
Le lecteur suit les missions d'un troll, contremaître dans une mine naine, qui travaille pour une grosse "firme" où les humains forment le management. Pourvu d'un stagiaire, le neveu de son supérieur, le troll part chercher ses notes de frais, participe à la mise à jour de l'équipement d'une armée, à un mariage, etc.
 
Cela se veut drôle et probablement bourré de références geeks diverses : cela ne l'est pas et c'est un gros pétard mouillé.

lundi 30 mars 2015

Help fund my robot army

Help fund my robot army (& Other Improbable Crowdfunding Projects !) est une anthologie, financée via Kickstarter, qui propose de nombreux projets fictifs de crowfunding.
La maquette de chaque faux projet reprend celle des sites de crowfunding :un intitulé, la somme demandée, le nombre de participants, la somme déjà obtenus, le délais, etc. Il contient également la présentation du projet, avec parfois la retranscription de la "vidéo de présentation", les différente contres-parties, des updates et des commentaires des participants.
L'anthologie propose une trentaine de projets qui vont du bons au très bons : le ton est bon et certains projets sont, de manière très troublante, criant de vérité. De manière générale il y a plusieurs chose dans ce recueil : des projets scientifiques (constructions de robots, transferts de consciences, voyage sur mars), dystopique (un mémorial pour des victimes du terroriste dans une autre Amérique), domination du monde/fin du monde (une armée de robots, une grandeur nature post-apo impliquant l'élimination de la population mondiale, la construction d'une machine à voyager dans le temps pour dominer le monde), de l'amour (aller dans le monde des morts pour ramener une sœur, construire un robot pour y mette la conscience de son mari), sur les crowfunding (un projet pour donner des updates réguliers : le ton est tellement proche de certains projets que j'en ai pleuré, jaune, de rire), etc.
Il faut bien le dire : j'ai été vraiment surpris en bien par cette anthologie. Elle propose un contenu de qualité sous une forme un peu différente de la nouvelle traditionnelle. Je ne peux que la conseiller fortement.

mercredi 25 mars 2015

Le Château des millions d'années

Premier tome d'une trilogie, Le Château des millions d'années est une excellente surprise. Récit d'un contact entre des extraterrestres là depuis très longtemps et un homme, Le Château des millions d'années est aussi un récit fascinant d'un officier de renseignement SS qui a été proche d'Hitler depuis le début de sa carrière politique.
 
Le récit se construit par des allers retours dans le temps (une date et un lieux sont donnés à chaque fois) qui font à la fois avancer l'histoire et éclaire celle-ci en révélant le passé du personnage principal : Friedrich Saxhäuser. Officier SS, homme de main de Hitler dès le début, brutal et efficace mais également cultivé, Saxhäuser a voyagé dans le monde entier au service du Reich et a de plus en plus de doutes sur ses missions et son allégeance; mais cynique et/ou professionnel il continu malgré tous. Le roman suit une expédition, peu avant le début de la guerre, en Irak durant laquelle Saxhäuser fera une découverte à même de changer le cours de la guerre, et peut-être l'histoire humaine.
 
Le roman est sacrément bien écrit et donne l'impression d'une très bonne maitrise historique (je n'ai pas les compétences pour tous juger, mais l'ensemble est très convaincant ce qui me suffit amplement). Le choix de construire l'histoire du point de vu allemand est également une bonne idée, l'auteur ayant eu en plus le doigté nécessaire pour ne pas cacher l'horreur de l'idéologie nazi, ni ne faire passer tous les Allemands pour des monstres. La face extraterrestre du récit ne se dévoile que très lentement et m'a un peu laissé sur ma faim quand à leurs motivations. Je suis curieux de lire le second tome.